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Apprendre à réfléchir en collectif, ça se travaille !

Publié le 09/05/2017 dans ACTUALITES

Les Ateliers d'intelligence collective

Nous croyons tous que l’individu est d’une certaine manière “moins bon” que le groupe en matière de décision. Ainsi, la majorité des décisions importantes de nos vies est confiée à des groupes de décideurs  : députés et sénateurs, jurys d’assises, comités de direction…

En entreprise comme ailleurs, cette croyance est fortement ancrée. Des techniques managériales bien connues comme le management participatif, le tutorat ou encore le “brainstorming” découlent tout droit du postulat suivant  : le collectif est plus fort que l’individu.

Cependant, les dernières recherches en psychologie sociale montrent que la supériorité du groupe sur l’individu n’est pas forcément évidente, et qu’elle est surtout le fruit de plusieurs facteurs concomitants. Les recherches vont même plus loin, en démontrant que si ces mêmes facteurs ne sont pas réunis, alors le groupe se révèle même moins  “intelligent” et efficace que l’individu isolé  !

Alors quels sont ces facteurs stimulateurs (ou destructeurs en cas d’absence) de l’intelligence collective  ?

1 – Un certain anticonformisme  : un individu a tendance, en groupe, à se ranger à l’avis de ces congénères, à perdre son esprit critique, bref, à se comporter comme un mouton. L’anticonformisme consiste justement à assumer et exprimer son désaccord ou son originalité face au groupe. Il stimule la créativité, le dialogue et l’ouverture d’esprit. C’est la première condition d’une intelligence collective efficace.

2 – Un vrai partage d’informations est le deuxième facteur facilitateur, et certainement le plus complexe à mettre en place en collectivité. En effet, les luttes de pouvoir, les conflits de territoires ou de personnalité, les différents niveaux de confidentialité au sein d’une entreprise empêchent souvent une circulation fluide des informations. On n’imagine pas à quel point certaines personnes pratiquant la rétention d’informations nuisent à leur entreprise, que ce soit consciemment ou inconsciemment. Ce manque global de communication est sans conteste le frein n° 1 à l’intelligence collective…

3 – Un leadership positif. En effet, un groupe ne fonctionne jamais sans leader, officiel ou officieux. Ce dernier, s’il souhaite stimuler l’intelligence et la coopération au sein de son équipe se doit d’avoir les qualités suivantes  : l’ouverture et la curiosité certes, mais surtout la capacité de valoriser autrui et de fédérer le groupe autour d’une idée ou d’une valeur centrale. Car plus l’identité et la solidarité du groupe seront fortes, mieux il fonctionnera…

Ainsi, les meilleures décisions ne viennent pas de compromis mous et de raisonnements consensuels, mais au contraire de débats contradictoires argumentés et faisant circuler l’information.

La capacité à communiquer et manager est donc plus que jamais au centre des débats, et même au centre de processus collectifs complexes, garants de la  survie ou de la mort programmée d’une entreprise…

>> A écouter également le dossier spécial sur le thème de l’intelligence collective de l’émission scientifique LA TÊTE AU CARRÉ de FRANCE INTER (1er juin 2016)
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1293163

Article de Marie-Laure Cuzacq d’après Cerveau et Psycho n°78 (juin 2016), interview de Dominique Oberlé, professeur de psychologie sociale.

 

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